handicapée

  • Agression d'une mère de famille (France)

    Mathilde n'oubliera jamais cette journée du 17 avril 2007. « J'étais à la piscine des Thiolettes avec ma fille de 11 ans et une de ses camarades. Je nageais dans la ligne d'eau du grand bassin réservée aux personnes handicapées quand cette bande de jeunes est arrivée. »

    Cette « bande de jeunes », ce sont quatre adolescents. « Ils ont commencé à faire leur loi dans le toboggan. Ils voulaient se le réserver. Les plus jeunes enfants sont allés voir les maîtres nageurs pour se plaindre et se faire soigner. Certains avaient été poussés. Les maîtres nageurs ont pris la décision de fermer l'entrée du toboggan. Ça n'a pas plu aux agresseurs. Ils se sont mis à faire des bombes dans l'eau, en sautant recroquevillés.

    J'étais seule à ce moment-là. Ma fille et son amie étaient reparties dans le petit bassin. Les agresseurs sont passés sous les flotteurs qui délimitent la ligne des personnes handicapées. Ils m'ont encerclée tous les quatre. Ils m'ont intimidée. Ils m'ont ordonné de sortir. Je leur ai répondu qu'il n'en était pas question. Là, ils se sont aperçus que j'avais un fin collier avec cinq petites émeraudes terminées par une étoile de David. L'un d'eux m'a vociféré à la figure, en me crachant dessus : « Si Hitler était encore là, tu serais de la viande à cramer! » »

    Mathilde nageait sur le dos. Elle a fait celle qui n'entendait pas. Elle a continué sa longueur. « Ils sont sortis de l'eau et se sont mis sur le bord de la piscine, là où je passais. Ils ont sauté vers moi tous les quatre. Il y en a un qui est tombé sur mon ventre. Ils m'ont donné des coups de poing, des coups de pied. Ils m'ont fait des attouchements.

    Ensuite, ils m'ont attirée vers le fond, ce qui était facile car je ne pouvais nager qu'avec les bras. J'ai très vite perdu surface. Je n'arrivais pas à me défendre. Ils m'ont laissée inerte. Le dernier souvenir que j'ai, c'est d'étouffer, de couler. Je suis revenue à moi quand les maîtres nageurs m'ont sortie de l'eau. » La première à l'avoir secourue fut sa fille. « Elle a vu qu'il y avait un problème. Elle a plongé dans l'eau et m'a ramenée à la surface. Les deux maîtres nageurs discutaient en regardant le petit bassin. C'est l'amie de ma fille qui est allée les chercher. Ils m'ont remise dans mon fauteuil. Les pompiers sont venus et m'ont emmenée à l'hôpital. »

    Un seul des agresseurs a pu être mis en cause par l'enquête de police, un Rémois alors âgé de 15 ans. Au terme de l'instruction, le parquet vient de requérir son renvoi devant le tribunal des enfants pour « violences volontaires sur personne vulnérable ayant entraîné une ITT supérieure à huit jours » et « injure publique à raison du handicap et de l'appartenance à une religion ». Un non-lieu est requis concernant les attouchements, faute d'éléments suffisamment caractérisés. Il appartient maintenant au juge de prendre sa décision sur les infractions qu'il convient de poursuivre devant le tribunal.




    Source : http://www.lunion.presse.fr/article/autres-actus/%C2%ABsi-hitler-etait-encore-la-tu-serais-de-la-viande-a-cramer-%C2%BB

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