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  • Hassen Chalghoumi : « Imam des juifs » ou « Imam des lumières » ?

     

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    Hassen Chalghoumi connu comme « l’imam de Drancy», dit « l’imam des lumières » par ses apologistes et « l’imam des juifs » par ses détracteurs connaît une popularité médiatique inversement proportionnelle à son succès auprès de la communauté musulmane dont on dit qu’il représente. Pour une fois, les rôles sont inversés, les médias choient cette personnalité musulmane et sa vision de l’islam en France tandis que sa communauté la brime. Les deux partis s’accorderont : le parcours et le message de cet homme controversé en font un imam résolument pas comme les autres…

     

    Parcours de vie

    Hassen Chalghoumi est né à Tunis dans une famille qu'il décrit comme « religieuse mais libérale » et son père est vétérinaire. Il est le seul des quatre enfants à choisir de fréquenter une école coranique. Après le bac et jusqu'en 1996, à la recherche de ce qu'il appelle un « islam magique », il visite plusieurs pays : la Syrie, l'Algérie, l'Inde, le Pakistan et la Turquie. Selon ses dires, il aurait été séduit par l'esprit de Gandhi en Inde et par la Turquie, où selon lui, « les minorités sont protégées » et « l’État séparé de la religion ». Toujours selon ses dires, les écoles qu'il aurait fréquentées seraient des écoles soufies. Il arrive en France en mai 1996 et s'installe à Noël 1996 en Seine-Saint-Denis où habite son frère aîné. Il prêche dans un foyer de travailleurs migrants, travaille à la RATP (Régie autonome des transports parisiens) en tant que médiateur. Il est également gérant d'une pizzeria. Il est naturalisé citoyen français en l’an 2000.

    Le 11 août 2003, alors qu'il est manutentionnaire sur la plate-forme de Roissy, son badge d'accès lui est retiré pour « raisons de sûreté ». Puis en 2004, lors d'un prêche dans un foyer Sonacotra de Bobigny, il est repéré par les services de renseignements en raison de ses positions extrémistes, et de ses appels en faveur du Jihad. Il y affirme « celui qui va mourir au Jihad ira en direction du paradis ». De plus, selon plusieurs sources au ministère de l'Intérieur, Hassen Chalghoumi serait répertorié par les services de renseignement pour son appartenance au mouvement fondamentaliste du Tabligh jusqu'en 2005, dont il reste encore proche. En 2004, le ministère de l'Intérieur lance une procédure d'expulsion à son encontre en raison de son intégrisme. Cette procédure sera annulée suite à l'intervention de l'UOIF (Union des organisations islamiques de France).

    Il participe aux cérémonies de commémoration au camp de Drancy, durant laquelle, il reconnaît la « singularité de la Shoah ».

    Lorsque le maire centriste, Jean-Christophe Lagarde, rencontre les associations musulmanes qui souhaitent édifier un lieu de culte, Chalghoumi est l'imam pressenti. Il devient président de l'Association des musulmans de Drancy. La mosquée est inaugurée le 19 juin 2008. Très vite, la mosquée rassemble des milliers de personnes chaque semaine.

    En janvier 2010, lors du débat sur le port de la burqa, il se déclare favorable à son interdiction. Il soutient alors la loi française sur l'interdiction de la burqa.

    Peu après, en février 2010, il affirme avoir été agressé dans la mosquée de Drancy par un « commando islamiste ». Cependant, sa version des faits est démentie par les fidèles présents, et par la suite, Chalghoumi reconnaît ne pas avoir été présent au moment de la prétendue agression.

    Entre janvier et mars 2010, la mosquée de Drancy, gérée par l'association al-Nour qu'il dirige, est le théâtre de vives tensions entre les partisans de Chalghoumi, les fidèles, et des partisans du collectif Cheikh Yacine. Ses positions lui valent alors la protection de la police.

    En septembre 2010, il co-écrit avec son ex-nègre, conseiller et attaché de presse, Farid Hannache, « Pour l'islam de France ». Ce dernier, s'est depuis, totalement désolidarisé de Chalghoumi. Il le qualifie de caricature et de faux imam. Il dénonce notamment son passé d'extrémiste, ses dérives politiciennes, ainsi que son illégitimité à parler au nom des musulmans.

     

    Proximité avec la communauté juive

    Il intervient, en mai 2006, lors d'une cérémonie commémorative au camp de Drancy et déclare qu'« à quelques mètres d'ici, des personnes innocentes ont souffert d'une injustice sans égale, avant d'être déportées à Auschwitz, juste car elles étaient juives » et « qu'issus de la même famille, enfants d'Israël et d'Ismaël sont des cousins, et ce encore aujourd'hui ». Quelques jours après, sa maison est vandalisée. En février 2013, il organise avec Marek Halter une cérémonie d'hommage aux Juifs déportés au mémorial du camp de Drancy qui rassemble 140 imams avec des rabbins, pour montrer que « l’islam n’a rien à voir avec la haine. Il faut dénoncer la violence, celle des nazis hier, celle des terroristes aujourd’hui ». Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls assiste au dîner qui suit cette cérémonie. Il est convié au dîner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) en 2012.


    Hassen Chalghoumi (3).jpgEn 2013, son engagement lui vaut d'être récompensé par le prix Copernic, un prix d'un montant de 3000 euros remis par l’
    Union libérale israélite de France.

    Invité en Israël à un colloque intitulé « religion et laïcité », il se rend à Tel Aviv le 5 juin 2012. Il est accompagné de plusieurs personnalités françaises dont le philosophe Alain Finkielkraut, l’essayiste Caroline Fourest, et la journaliste Élisabeth Lévy.

    Le 11 novembre 2012, Chalghoumi se rend en Israël accompagné d'une délégation de douze imams français. Cette démarche, à l'initiative de l'ambassade d'Israël, reçoit le soutien du ministère Français des affaires étrangères (le quai d'Orsay). Ce voyage qui est intégralement financé par l'ambassade d'Israël en France permet à la délégation de se recueillir au mémorial de Yad Vashem et sur les tombes des victimes de Mohamed Merahassassinées le 19 mars à l’école juive d’Ozar Hatorah à Toulouse et enterrées en Israël. « Malheureusement, côté israélien, beaucoup pensent que les musulmans de France détestent les juifs, qu'il y a de l'antisémitisme. Notre voyage prouve que ça n'a rien à voir avec l'islam » et qu'il s'agit « d'actes isolés », a alors insisté Hassen Chalghoumi.

     

    Combat

    Hassen Chalghoumi se dit être un représentant d'un islam modéré et républicain, bien qu'en même temps, il demeure proche du mouvement fondamentaliste Tabligh. En juin 2009, il tente de lancer la Conférence des imams de France, avec pour objectif de créer une instance théologique capable de créer des « fatwas ». Le président du CRIF, le grand-rabbin de Paris, des élus et des diplomates des pays arabes sont présents à l’évènement. Les représentants du CFCM (Conseil français du culte musulman) ainsi que ceux de l'Église catholique n'y assistent pas. La Conférence reste une « coquille vide ».

    Face à la « montée » d'un islam radical et de certaines « influences étrangères », il plaide pour la formation d'imams « républicains », qui vont « fortifier des valeurs », comme celle de la place à part entière des femmes. Il dénonce l'influence de la confrérie des Frères musulmans sur l'islam, qu'il qualifie de « plaie pour l'Islam ».

    Son livre, Pour l'islam de France, est un plaidoyer pour « un islam animé par le mieux-vivre en France », où il regrette que l'islam en France soit « sous-traité aux gouvernements étrangers et aux sectes intégristes ».

     

    Prises de position paradoxales

    Lorsqu'il était prédicateur à Bobigny, il défendait le port du voile lors de ses prêches.

    En 2010, il affirme : « Je respecte leur pratique, mais je suis contre cette pratique. Ils (les extrémistes, ndlr) ont résumé l'islam, soit quinze siècles de savoir et de lumières, en un bout de tissu sur le visage, c'est indigne ! (...) On a besoin de dialogue, d'aller vers l'autre ». Bernard-Henri Lévy le qualifie de « courageux ».

    Il est marié et a cinq enfants, tous scolarisés dans une école catholique car dit-il, « quand on a vu sur sa première photo de classe, que ma fille n'était entourée que de blacks et de beurs, on s'est dit avec ma femme qu'elle ne devait pas rester dans cette école. »

     

    Légitimité

    Chalghoumi se présente comme l'imam de Drancy, et les médias le désignent souvent comme étant l'« Imam de Drancy ». Cependant, pour les fidèles de la mosquée de Drancy, il n'en est pas l'imam attitré.

    Son ancien conseiller, Farid Hannache, confirme que Chalghoumi n'a jamais été imam de Drancy, et déclare « l'imam de Drancy, il s'appelle Nourredine, et l'ancien imam de Drancy, il s'appelle Houdeyfa ».

     

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    Selon Pascal Boniface, directeur de l'IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), la communauté musulmane se voit désigner, en la personne de Chalghoumi, un responsable qu'elle n'a pas choisi et qui ne la représente pas. De ce fait, Chalghoumi occupe la parole d’une communauté dont il n’a pas le soutien, mais il tire sa légitimité des médias et des milieux politiques dominants. Parmi les musulmans, il est largement ignoré, voire violemment rejeté. Ce rejet provient, non pas de ses positions comme il le dit, mais de son illégitimité. Selon lui, « si Chalghoumi est rejeté, ce n’est pas parce qu’il est modéré, comme certains veulent le faire croire, mais parce qu’il est illégitime. »

    Pascal Boniface juge l'action de Chalghoumi contre-productive, et que, loin de combattre le préjugé d’un islam radical et intolérant, il le conforte puissamment.

    Le rôle de Chalghoumi au sein de la communauté musulmane ainsi que sa présence marquée dans les médias sont de plus en plus remis en cause. Ainsi en avril 2012, son appel à manifester contre le radicalisme ne suscite aucune mobilisation et est un échec. Puis, le 11 novembre 2012, il se rend en Israël, ce qui lui suscite des critiques.

    Le 9 juin 2012, le « Collectif pour la dignité des musulmans » rédige une lettre ouverte et appelle Chalghoumi à la démission. De nombreux intellectuels musulmans se joignent à cet appel et signent une pétition. Ce collectif entend dénoncer ce qu'il appelle son instrumentalisation par le pouvoir politique et sa collaboration avec le CRIF aux dépens de la communauté musulmane.

     

    Pourquoi la métamorphose de Chalghoumi ?

    Dans une interview accordée à la mosquée-chapiteau de Puteaux-La Défense en 2012 (cf. Interview de Farid Hannache - vidéoclip -), Farid Hannache répond à cette question  par « la peur de l’expulsion » et la « cupidité ». Il raconte qu’en 2009, lors des bombardements de Gaza par l’armée de Tsahal, alors que des personnes de toutes obédiences politiques et religieuses (judaïsme inclut) manifestaient contre les crimes d’Israël, Chalghoumi appelait dans Le Parisien à interdire les manifestations pro-palestiniennes en France. C’est alors qu’il se serait fait connaître des médias et se serait fait adopter par les sionistes qui l’imposent politiquement et médiatiquement et règlent tous ses problèmes administratifs et financiers. Il détournerait l’argent de la mosquée pour sa protection policière, son cuisinier personnel ainsi que ses déplacements à l’étranger. Les lecteurs ont droit au sentiment de stupéfaction devant une telle assertion : Pourquoi détournerait-il l’argent de la mosquée si les sionistes lui assuraient désormais son confort financier ?

    Farid Hannache.jpgIl ne mâche pas ses mots : « Il [Hassen Chalghoumi] ne représente en rien l’islam, mais représente ce qu’il y a d’infâme en France. »

    Le couple Valls-Chalghoumi serait la pièce maîtresse des lobbys sionistes qui risquerait d’enfanter des Merah et des Breivik. Farid Hannache appelle les musulmans de France à se mettre du côté du peuple de France et de la République française pour les libérer des lobbys de la finance mondiale et des lobbys de l’Internationale Socialiste. Une bien curieuse sollicitation de la part de M. Hannache. Ignore-t-il que l’IS (Internationale Socialiste) représente l’une des organisations pour laquelle les musulmans français apportent indirectement et majoritairement leur soutien par le biais de leur vote massif pour le parti socialiste, partenaire et membre reconnu de l’IS ? En effet, « Selon une étude de l'IFOP [Institut français d’opinion publique] publiée pour le journal La Croix, dans l'édition du 1er septembre [2008], les [F]rançais musulmans se sentent proches du PS à 51,8 % contre 26,8 % pour la moyenne des [F]rançais. […] En ajoutant au score du PS, ceux de l'extrême gauche et des écologistes, plus de 73 % des électeurs musulmans déclarent pencher à gauche. »

    Aussi, selon une étude du corps électoral menée par OpinionWay et Fiducial le 6 mai 2012 pour Le Figaro sur 10 000 votants [musulmans], 93% des pratiquants ont glissé un bulletin « François Hollande » [malgré leur rejet en bloc de l’homosexualité et plus encore, du mariage pour tous et de l’adoption par les couples homosexuels] dans leur enveloppe. Seuls 7% d'entre eux ont voté pour Nicolas Sarkozy. « C'est la marque d'un véritable rejet de Nicolas Sarkozy », explique Julien Goarant, directeur d'études chez Opinionway, spécialisé dans les enquêtes d'opinions politiques. « Ils ne veulent plus de son discours qui, selon eux, a stigmatisé leur communauté et beaucoup instrumentalisé leur religion », poursuit-il.

    La sollicitation susdite (concernant la libération française souhaitée de l’emprise de l’Internationale Socialiste entre autre) est d’autant plus curieuse que l’ex-nègre et conseiller de l’imam de Drancy, à moins qu’il ne soit strictement apolitique au su des critiques qu’il émet successivement des quatre coins de l’échiquier politique, affirme ne pas regretter « avoir participé à la campagne présidentielle de François Hollande de l’intérieur même de son QG…» ! Il reproche à Chalghoumi d’avoir organisé plusieurs dîners électoralistes au sein de la mosquée de Drancy dans lesquels il aurait traité les socialistes de racistes et véhiculé les 10 raisons pour lesquels les musulmans ne devraient pas voter Hollande. Il aurait aussi chassé à plusieurs reprises les femmes de leur salle de prière pour recevoir ses amis du Crif, de l’UMP, de l’Élysée ou de Beauvau. Bref, la mosquée serait devenue un véritable « théâtre électoraliste bling bling ».

    Son penchant socialiste commun à la majorité des musulmans français serait-il à l’origine de sa véhémence à l’encontre du sarkozyste Chalghoumi ? Rien n’est moins sûr…

    Néanmoins, à l’instar de la réaction très exact du journaliste politique, Eric Zemmour, dans l’émission Zemmour & Naulleau sur Paris Première : « La querelle entre les juifs et les musulmans, elle est double. Elle est d’abord géostratégique, politique, historique sur Israël. Et deuxièmement, elle est historique sur la façon dont les musulmans ont traité pendant mille ans les juifs en citoyens de troisième zone quand ils dominaient l’ère arabo-musulmane. C’est ça les deux sujets de controverse. », David Pujadas, le présentateur du Journal télévisé sur TF1 et co-auteur (avec Hassen Chalghoumi) du livre « Agissons avant qu’il ne soit trop tard » atteste de la pensée en ce sens de l’imam tant décrié par ses coreligionnaires : « Les banlieues françaises ne sont pas le miroir du conflit israélo-palestinien. […] Ne jouons pas, nous, aux Israéliens et Palestiniens quand on est voisins parce qu’on est juifs et arabes, on est d’abord français.»

    Farid Hannache avoue ensuite paraphraser l’enquête de Malika Bennabi, véritable procès d’intention contre l’imam de Drancy, un pamphlet chargé de reproches vindicatifs afin de ternir l’image de Chalghoumi : « Chalghoumi ne représente pas l’islam des Lumières. Cette posture paternaliste est une imposture raciste. Une grenouille de bénitier affairiste nourrie par les magouilles clientélistes. Ce pantin folklorique est une insulte à la langue française. Cet indigène, indigent, indigeste et indigne, représente l’islam des béni oui-oui.

    Chalghoumi est une caricature de la médiocrité. C’est un rejeton immature né de la violation de la laïcité et qui perpétue le viol de la laïcité [Le promoteur d’un islam qui fait l’unanimité auprès des plus réticents des laïcistes devient un violeur de la laïcité !]. C’est le produit des relations incestueuses entre la politique et la religion. Ce machin narcissique est une machine de manipulation politique et d’ingérence policière dans l’islam de France. »

    La bassesse des admonestations entreprises contre Chalghoumi par Malika Bennabi, que Farid Hannouche cite bien plus souvent qu’il ne l’avoue, va jusqu’à reprendre des extraits vidéos de « l’imam des juifs » pour se moquer de la forme de son discours (accent arabe et construction désordonnée - Cf. Quiproquo qui fait le lit de la critique anti-Chalghoumi et Critique "intelligente" du discours de l'imam) et d’un quiproquo au terme d’une émission télévisée qui témoigne de ses difficultés dans la langue de Molière. C’est à se demander qui fait montre de racisme envers qui. Ces difficultés en français pointés du doigt inquisiteur des musulmans critiques; cependant de la part d’aucun journaliste, chroniqueur, essayiste et philosophe non-musulmans médiatisés qui préfèrent prêter une oreille attentive à l’énoncé plutôt qu’à l’énonciation, s’expliquent par son origine étrangère et son apprentissage tardif du français.

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    En dépit de la gravité des accusations dirigées contre Chalghoumi, avérées ou non, car plusieurs d’entre elles sinon quasi toutes manquent d’être étayées par des preuves tangibles, il est fort regrettable que les musulmans ne saisissent pas l’occasion de l’apparition de l’islam de Chalghoumi, islam accepté par les laïcistes français, pour travailler sur l’avenir de l’intégration de l’islam dans la société laïque de France. Il leur tient malheureusement plus à cœur d’attaquer les failles de la personne érigée comme figure de proue de l’islam modéré de France et de jeter le bébé avec l’eau du bain. L’essentiel n’est pas que cette figure s’appelle Hassen Chalghoumi ; l’important, c’est qu’un représentant de la religion islamique a réussi là où les musulmans modérés ont failli avant lui en dépit de leur éloquence : faire accepter un islam de France aux grands critiques islamophobes des médias français. Il a réussi à attirer l’attention des médias français, non par son intégrisme, mais par le pacifisme de son message. Il parvient à faire acquiescer les islamophobes devant sa défense de l'islam.

    Les détracteurs de Chalghoumi n’ont certes pas tort au regard de l’islam parachevé, cette théocratie universelle et définitive fondée à Médine abroge l’islam mecquois qu’incarne Hassen Chalghoumi. Ce dernier a tort de penser qu’il représente la majorité silencieuse. Le soutien islamique quasi inexistant apporté à son combat révèle ce que tous les islamophobes craignaient : les musulmans modérés n’ont de modéré que l’ardeur de leur volonté à construire un islam intégré et non intégriste. La majorité silencieuse est manifestement une majorité complice car qui ne dit mot consent; et les seuls musulmans qui disent mot semblent être ces détracteurs qui se prétendent eux aussi musulmans modérés et soucieux de la France.

    Eric Zemmour a tenté d’apporter une explication sur l’attitude hostile de musulmans, à l’exemple de celle de Hannache et Bennabi, face à Chalghoumi : « Je comprends pourquoi il y a beaucoup de musulmans qui vous détestent, ce n'est pas seulement des extrémistes; parce qu’on a l’impression que vous voulez vous imposer comme représentant des musulmans, par l’adoubement médiatique. ».

    Et à David Pujadas de répondre : « C’est quand-même insensé : les musulmans passent leur temps à nous dire qu’on ne fait émerger que des voix [extrémistes], qu’on ne donne une image de l’islam qu’extrémiste; que depuis le 11 septembre, la seule image médiatique de l’islam, c’est un islam radical, un islam intégriste. Alors là, on prend le contre-pied, on dit : il faut aussi entendre ceux qui représentent la majorité silencieuse et on nous dit : « Ah ! Vous exercez un pouvoir d’adoubement. » C’est un peu condescendant ! »

    Une note d’exaspération que partageront certainement beaucoup d’islamophobes et de non-musulmans…

     

    Phœnix Boréal

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    Références

    Interview de Farid Hannache

     

    Quiproquo qui fait le lit de la critique anti-Chalghoumi

     

    Critique "intelligente" du discours de l'imam

     

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    Publications

    Pour l'islam de France.jpgPour l'Islam de FranceAvec la collaboration de Farid Hannache

    Hassen CHALGHOUMI

    Le Cherche Midi, 21 janv. 2010 - 237 pages

    C'est la première fois qu'en France, un imam, soutenu par une quarantaine d'autres, décide de briser la loi du silence et de dire son attachement sincère aux principes de la République française et son rejet total de l'obscurantisme religieux. Hassan Chalghoumi est imam à Drancy. Depuis plusieurs années, il travaille pour le rapprochement entre les différentes communautés et prêche la paix, la tolérance et le respect des valeurs de la laïcité. Il dénonce toutes les formes de racisme, d'antisémitisme et œuvre pour transmettre ses valeurs aux fidèles qui fréquentent sa mosquée. Cet engagement lui vaut d'ailleurs de nombreuses intimidations et menaces émanant de la part de fondamentalistes, dérangés par son discours. Un discours qui tranche radicalement avec celui de l'UOIF, des salafistes et même avec celui de la Mosquée de Paris. Hassan Chalghoumi veut aller plus loin et inscrire l'islam, sa religion, dans la marche du progrès. 

    Ce témoignage exceptionnel provoquera un coup de tonnerre salvateur dans une société qui craint les fanatiques dont le discours inquiète. Opposé au port de la burka, à la polygamie, acceptant la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques, Hassan Chalghoumi est devenu ces dernières années le symbole d'un islam de France ouvert et tolérant.

     

     

    Agissons avant qu'il ne soit trop tard.jpgAgissons avant qu'il ne soit trop tard :  L'Islam et la République

    David PUJADASHassen CHALGHOUMI

    Le Cherche Midi, 14 févr. 2013 - 66 pages

    Il aura fallu les événements tragiques du printemps 2012 de Montauban et Toulouse et l'arrestation récente d'un groupe d'Islamistes prêts à mener des actions terroristes pour que les responsables politiques, les médias et l'opinion publique prennent conscience de la dérive criminelle et suicidaire de jeunes musulmans – parfois des convertis – qui les mènent de la délinquance à l'exaltation religieuse et au crime gratuit.

    Pourtant, les avertissements n'ont pas manqué et, depuis des années, l'Imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, avertit des dangers de la montée des communautarismes, de l'intégrisme musulman, de l'influence des fanatiques. Est-il déjà trop tard ? Comment éviter, par exemple, la prise en otage des consciences des prisonniers musulmans par des faux Imams ?

    Dans ce dialogue sans concession avec David Pujadas, ce qui est prôné, c'est avant tout le retour aux valeurs d'une République laïque.

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    Sur les plateaux télévisés

    Zemmour & Naulleau

    On n'est pas couché

     

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    Sources

    Sites internet

     

    Internationale Socialiste. Partis membres de l’IS au gouvernement. [En ligne]

    <http://www.internationalesocialiste.org/images/dynamicImages/files/Partis%20membres%20au%20gouvernement%20Juillet13_Fr.pdf> (Consulté le 31/07/2013)

     

    Malika Bennabi. Faux-imam Chalghoumi : la vérité sur une escroquerie islamophobe. [En ligne]

    <http://www.lelibrepenseur.org/2012/08/11/faux-imam-chalghoumi-la-verite-sur-une-escroquerie-islamophobe/> (Consulté le 31/07/13)

     

    Marie-Pia Rieublanc. 93% des musulmans ont voté pour François Hollande. [En ligne]

    <http://www.lavie.fr/actualite/93-des-musulmans-ont-vote-pour-francois-hollande-07-05-2012-27212_3.php> (Consulté le 31/07/13)

     

    SaphirNews. Sondage IFOP : Les électeurs de confession musulmane penchent plutôt à gauche. [En ligne]

    <http://www.saphirnews.com/Sondage-IFOP-Les-electeurs-de-confession-musulmane-penchent-plutot-a-gauche_a9409.html> (Consulté le 31/07/13)

     

    Wikipédia. Hassen Chalghoumi. [En ligne]

    <http://fr.wikipedia.org/wiki/Hassen_Chalghoumi#cite_note-LW-1> (Consulté le 31/07/13)

     

    Wikipédia. Islam dans la politique française. [En ligne]

    <http://fr.wikipedia.org/wiki/Islam_dans_la_politique_fran%C3%A7aise> (Consulté le 31/07/2013)

     

    Google livres

     

    Google Livres. Agissons avant qu’il ne soit trop tard. [En ligne]

    <http://books.google.be/books?id=7MhcW6UNLZEC&dq=Chalghoumi&hl=fr&sa=X&ei=LTz3UdbpFK6W0QX014DQCw&ved=0CDkQ6AEwAQ>(Consulté le 31/07/13)

     

    Google Livres. Pour l’Islam de France. [En ligne]

    <http://books.google.be/books?id=tTBDyzN5wDwC&dq=Chalghoumi&hl=fr&source=gbs_navlinks_s> (Consulté le 31/07/13)

     

    Vidéoclips

     

    adel32000. L'imam qui se veut celui de la Ripoublique. [Vidéoclip en ligne]

    <http://www.youtube.com/watch?v=aB8JvSn9F4A> (Consulté le 31/07/13)

     

    LeGauloisMusulman. Hassan Chalghoumi, cet imam pour l'islam de France qui ne comprend pas très bien le français. [Vidéoclip en ligne]

    <http://www.youtube.com/watch?v=zmzb0nYOQTQ> (Consulté le 31/07/13)

     

    Paris Première, M6 et Troisième œil production – News360x. Zemmour & Naulleau Vs Hassen Chalghoumi & David Pujadas 1/2 [Vidéoclip en ligne]

    <http://www.youtube.com/watch?v=2ePe3ZR34Gk> (Consulté le 31/07/13)

     

    Paris Première, M6 et Troisième œil production – News360x. Zemmour & Naulleau Vs Hassen Chalghoumi & David Pujadas 2/2 [Vidéoclip en ligne]

    <http://www.youtube.com/watch?v=iMeJFoKajqA> (Consulté le 31/07/13)

     

    SalamFM SalamFrance. La vérité sur Hassen Chalghoumi (par son ex-nègre et conseiller Farid Hannache). [Vidéoclip en ligne]

    <http://www.youtube.com/watch?v=IS2gUo_jNro> (Consulté le 31/07/13)

     

    TellementVraiVEVO Fr. ONPC 16/02/13 - Imam Hassen Chalghoumi et David Pujadas face au duo Polony/Caron. [Vidéoclip en ligne]

    <http://www.youtube.com/watch?v=sjk12yS-1wU> (Consulté le 31/07/13)